L’approvisionnement à Maisons-Alfort

La mairie déploie au cours de la guerre des trésors d’énergie et d’initiatives pour aider ses habitants à "tenir". A tel point que la Bibliothèque de la Guerre demande en mai 1918 à la mairie, dont elle connaît "les excellents résultats concernant le ravitaillement", de lui faire don de ses archives, pour la postérité. Quelles sont ces initiatives qui en font pâlir d’envie plus d’un ?

Des premières ventes municipales au magasin central d’approvisionnement

Pour lutter contre la cherté de la vie, la mairie décide de vendre des marchandises de première nécessité directement aux habitants et à prix de revient : charbon dès janvier 1915, puis pommes de terre, margarine, sucre raffiné, savon, pétrole, vin, chaussures et même tabac. 

Ces ventes sont un succès : le 25 mai 1916, 3 tonnes de sucre raffiné sont vendues par le personnel communal en seulement une heure ! 

En janvier 1917, la mairie propose de nouveaux produits dans un magasin central d'approvisionnement ouvert dans la salle communale, rue de Charentonneau (actuelle rue Paul Vaillant Couturier, à l'emplacement actuel de l'école Parmentier). Y sont vendus, à des prix très intéressants, sucre cristallisé, haricots d'Espagne, flageolets du Nord, haricots cocos roses, lentilles de Russie. 

@ Archives municipales de Maisons-Alfort

Intérieur du magasin d'approvisionnement, côté stock, le 7 mars 1917. Crédits image : Archives municipales de Maisons-Alfort

Les habitants porteurs de cartes de contrôle peuvent venir s'y fournir, au fur et à mesure des arrivages et dans la limite des stocks. 

Magasin d'approvisionnement @ Archives municipales de Maisons-Alfort

Salle des fêtes de l'Ecole Parmentier transformée en magasin d'approvisionnement. Crédits image : Archives municipales de Maisons-Alfort

Tout comme les autres initiatives, le magasin central d'approvisionnement rencontre un grand succès. Les files d'attente (uniquement composée de femmes et d'enfants) en attestent.

Toujours dans un souci d'aider ses administrés, la mairie édite par ailleurs en 1917 une petite brochure (visible au musée de Maisons-Alfort dans le cadre d’une exposition temporaire sur la Grande Guerre) qui prodigue conseils et astuces pour lutter contre la cherté de vie.

A partir de mai 1917, il faut tout de même se résoudre à mettre en place le système des cartes de rationnement.

L’économie mettra du temps à se remettre de la guerre : il ne sera mis fin aux ventes communales que le 31 décembre 1921, soit plus de trois ans après l’Armistice.

La mise à disposition des habitants de terrains non cultivées

Pour procurer des légumes frais aux habitants, le comité d'action agricole réquisitionne à partir de 1916 les terrains libres, notamment dans le quartier de Charentonneau (dont le lotissement n'est pas achevé), et les met à disposition des familles volontaires pour les cultiver.

En savoir plus :

La mise en culture de terrains en friche