Correspondances destinées aux troupes

Le 5 février 1915, le maire M. Champion rappelle par voie d’affiche à ses administrés les nouvelles règles à respecter pour écrire aux soldats.

Pendant la Première guerre mondiale, le courrier revêt en effet une importance capitale : seul moyen de garder le contact malgré la distance, de lui dépend le moral de tous. Celui des soldats évidemment, qui attendent de leurs familles ou de leurs "marraines de guerre" colis et nouvelles qui chassent le "cafard". Celui aussi des familles, qui attendent fébrilement des nouvelles de leurs soldats et se retournent vers le maire de la ville dès celles-ci se font trop attendre.

Mais avec la guerre, sous l’explosion du nombre de courriers, les centres de tri et de distribution sont saturés et les lettres mettent parfois plusieurs semaines à arriver à leur destinataire. Dès le mois d’octobre 1914, le conseil municipal témoigne que des réclamations arrivent quotidiennement à la Mairie : "malgré l’envoi de nombreuses lettres (…), les militaires restent souvent plus d’un mois sans nouvelles de leurs familles". Ce dysfonctionnement viendrait du fait que les correspondances sont adressées au dépôt du régiment alors que les soldats se trouvent eux, la plupart du temps, à plusieurs centaines de kilomètres de là.

La stabilisation de la ligne de front va enfin permettre une meilleure organisation. A partir du 1er décembre 1914, les zones de combat sont en effet divisées en "secteurs postaux", indépendants des lieux de dépôt. Les soldats qui ont été faits prisonniers peuvent eux aussi recevoir colis et courrier de leurs familles. On note que dans ce cas, le courrier ne doit pas être cacheté : son contenu ne manquera de toute façon probablement pas d’être contrôlé par les différents intermédiaires des deux camps.

Avis concernant l’adresse à porter sur les correspondances destinées aux troupes – 5/02/1915