Réquisition des chevaux

En ce début de 20e siècle, l’armée, encore peu motorisée, ne peut envisager une guerre sans cavalerie. Mais, en période de paix, les armées n’entretiennent qu’un nombre réduit de chevaux : il faut donc aller les chercher auprès des civils. La mobilisation de l’été 1914 ne se contente pas d’emporter les hommes : elle s’en prend aussi aux chevaux. Seuls les chevaux entiers (non castrés), moins dociles et pouvant causer des désordres, en sont exclus.

Tous les propriétaires de chevaux de Maisons-Alfort reçoivent donc l’ordre, par voie d’affichage, de présenter leur animal devant la Commission de réquisition, à Charenton. Là, les chevaux déclarés bons pour le service sont divisés en 3 catégories : cheval d’officier, de selle ou d’attelage.

Ces réquisitions ne se font pas sans résistance : leurs propriétaires peuvent en effet non seulement en avoir un grand besoin au quotidien (pour se déplacer, pour labourer leurs champs etc…), mais aussi avoir développé un attachement sincère pour l’animal, comme le laisse entrevoir ce témoignage émouvant sur le moment de la séparation :

"Les paysans vantaient devant nous leur qualités, leur docilité, ils nous faisaient des recommandations sur la manière de les conduire […]. Puis ils s’éloignaient, le cœur serré, silencieux et n’osant pas se retourner […]. C’était pour la plupart des vieux travailleurs, les jeunes avaient été pris quelques jours auparavant ; ils avaient vu partir le fils pour la guerre" (DRAEN Alphonse, L’arrière 1914-1919 par un embusqué).

Les chevaux se révèleront en définitive moins utiles qu’auparavant dans cette guerre moderne. Ils serviront essentiellement pour la logistique : transport d’approvisionnement et de munitions, acheminement des canons, déplacement des ambulances hippomobiles etc…

Ils payeront tout de même un lourd tribut à la guerre : au total, on estime qu’au moins 760.000 chevaux de l’armée français sont morts pendant le conflit.

Avis : Réquisition des chevaux – 17/10/1914